Maîtrise des risques

Cela pourrait passer inaperçu à la lecture de la presse, mais le chantier EPR de Flamanville en Normandie progresse ! Malgré des atermoiements sur divers points du chantier, le site nucléaire de troisième génération construit par EDF devrait être mis en service en 2019. Partenaire de Siemens sur le plus important projet nucléaire de ce premier quart de siècle dans l'Hexagone, l'agence cherbourgeoise de GROUPE ECIA assiste l'industriel allemand dans la "maîtrise technique des utilités au service des exigences de sureté." Autrement dit : elle sécurise le site nucléaire de Flamanville contre les incendies notamment grâce à une batterie d'objets connectés. "Il s'agit concrètement de vérifier que le système de protection contre les incendies, ainsi que la technologie embarquée, permettent de répondre aux exigences attendues par l'exploitant", explique Marc Colard, directeur de l'excellence opérationnelle au sein de GROUPE ECIA.

INCENDIE

Partenaire de Siemens, GROUPE ECIA participe à la sécurisation contre les incendies de l'installation nucléaire. Certains locaux sont déjà sécurisés, les plus proches du réacteur doivent attendre l'avancée des travaux.
6.500
C'est le nombre de points de contrôle de détection qui doivent être installés sur l'ensemble du site EPR de Flamanville dans la Manche.

Au total, ce sont 6.500 points de contrôles de détection que les ingénieurs doivent installer sur l'ensemble du site EPR. Afin de permettre une installation rapide des équipes d'EDF dans leurs nouveaux locaux, les bâtiments administratifs ont été prioritaires dans le déploiement des solutions préconisées les ingénieurs de la PME gardoise dont le siège trouve tout près des sites nucléaires de Marcoule et Tricastin. En Normandie, certaines installations sont aujourd'hui sécurisées ou phase de test, tandis que celles situées dans les zones les plus critiques, au plus près des réacteurs, doivent attendre que le chantier progresse davantage pour être implémentées.

A Flamanville, GROUPE ECIA n'est pas intervenu dès la phase d'aide à la décision sur le choix technologique mais dans un volet d'accompagnement de son partenaire Siemens. "Trois jeunes ingénieurs sont assignés pendant deux ans à cette tâche", précise Sébastien Souptez, directeur associé du GROUPE gardois. "Cette démarche s'inscrit dans un souci de veille technologique et de formation de nos plus jeunes collaborateurs. Leur montée en compétences s'opère grâce à Siemens. Notre objectif est de pouvoir l'assister ensuite dans des phases plus amont comme nous le faisons sur le site nucléaire Iter de Cadarache", complète-t-il, avec à l'esprit l'ambition d'accompagner Siemens jusqu'en Grande-Bretagne et le chantier nucléaire d'Hinkley Point où EDF construit également un EPR.

A ce stade, l'entreprise interviendrait dès l'assistance aux choix des options techniques pour le site. "Nos équipes sont constituées à la fois de référents-métier chevronnés, souvent issus de sous-traitants et pouvant porter un regard critique, associés à des ingénieurs juniors issus de différentes écoles afin de confronter les approches", poursuit Marc Colard. Décliné à d'autres secteurs dans une même logique d'apprentissage, ce process animé par le souci du retour d'expérience est appliqué avec la même logique au contrôle de la ventilation, une autre branche que GROUPE ECIA développe tant auprès sur des sites nucléaires que d'unités industrielles complexes classées Seveso ou marquées ICPE.

 

EN SAVOIR PLUS

L'EPR (European Pressurized Reactor) est un réacteur à eau pressurisée de 1.600 MW (A Tricastin, la puissance de chaque réacteur s'élève à 900 MW). Fruit d'une collaboration franco-allemande longue d'une dizaine d'années, il a été développé "pour être encore plus sûr, plus compétitif et plus respectueux de l'environnement", explique-t-on chez EDF. Début février, Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF a affirmé dans la presse que "l'année 2018 nous amènera, c'est notre objectif, à faire en sorte que nous puissions charger le combustible nucléaire dans la cuve au mois de décembre prochain." "C'est un calendrier tendu, nous y sommes habitués", a-t-il reconnu. Selon ce calendrier, ce combustible doit être chargé d'ici à la fin de l'année tandis que les premiers kwh produits par l'EPR de Flamanville doivent être commercialisés dès le début de l'année 2019.

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